Joëlle Goron nous raconte...
" Nicolas. L'Artisan Coiffeur.
Je me souviens d'un groupe de filles : Frou Frou
Il y avait Tina, Laurence, Christine, Sonia et moi… Joëlle.
On ne voulait pas ressembler aux « dames qui font de la télé ».
Mais on voulait plaire, bien sûr.
Seulement il y avait nos cheveux. Nos sacrès cheveux.
L’une trouvait qu’ils étaient trop courts.
L’autre attendait qu’ils repoussent.
La troisième les aurait voulu plus clairs mais pas trop.
La quatrième ne voulait pas que ça frisote.
La cinquième trouvait qu’ils étaient trop plats.
Et au milieu il y avait Nicolas. Nicolas qui n’avait pour nous mettre de bonne humeur que sa brosse, ses ciseaux, son séchoir, et son talent.
Nous voulions avoir l’air « naturel », féminines sans ressembler à des « dames », nous adorions avoir de beaux cheveux mais pouvoir nous recoiffer toutes seules, nous rêvions d’être sexy sans ressembler à des barbies, nous aimions les franges mais nous étions terrorisées à l’idée de couper un cheveu, bref nous étions des nanas tout ce qu’il y a de plus normales.
Et toujours Nicolas avec son sourire patient, sa bonne humeur, sa gentillesse, son vrai regard qui osait nous dire « ça ne te va pas, je vais te proposer autre chose » : en général – soyons honnêtes – un tout petit truc qui avait l’air de rien mais qui changeait tout.
Voilà, c’est tout. C’était Nicolas. Notre Nicolas. "
Joëlle Goron